"Le Mage du Kremlin" : un film trop complaisant avec Poutine ?

"Le Mage du Kremlin" : quand Olivier Assayas s’incline devant Poutine (sans même s’en rendre compte ?) – Décryptage d’un film trop complaisant

Décryptage acide du film d’Assayas : entre fascination pour le Kremlin et propagande involontaire, "Le Mage du Kremlin" joue-t-il le jeu de Poutine ?

"Le Mage du Kremlin" : un film français qui fait le jeu de Poutine (sans le vouloir ?)

Quand un réalisateur français s’attaque à la Russie de Poutine, on s’attend à une critique cinglante, une plongée dans les rouages du pouvoir autoritaire. Las, Le Mage du Kremlin (2025), adapté du roman éponyme de Giuliano da Empoli (Grand prix du roman de l’Académie française 2022), se contente de frôler la surface, offrant au passage une tribune involontaire à la mythologie poutinienne. Présenté en compétition officielle à la Mostra de Venise 2025, le film d’Olivier Assayas a déjà suscité la polémique : entre fascination pour le "génie" des spin doctors du Kremlin et complaisance envers le récit officiel, où se situe la frontière entre fiction et propagande ?

1. Un héros trop séduisant : le "mage" comme figure romantique du pouvoir

Le personnage central, inspiré de Vladislav Surkov – l’ancien idéologue de Poutine –, est un manipulateur de génie, un "mage" capable de façonner la réalité politique russe à sa guise. Problème : le film en fait une figure presque romantique, un artiste du mensonge, un dandy du complot. On est loin de la réalité sordide d’un régime qui empoisonne ses opposants et censure la presse.

Un Surkov trop glamour : dans le film, le "mage" est un esthète, un penseur, presque un héros tragique. Dans la vraie vie, Surkov est un technocrate cynique, architecte de la guerre hybride et de la répression. La Russie comme décor exotique : Moscou y est filmée comme une ville de légendes, entre néons et ombres chinoises, alors qu’elle est avant tout une capitale sous surveillance permanente. Le piège du "tous pourris" : en montrant que tout le monde ment, le film finit par banaliser la propagande d’État. "À quoi bon résister, puisqu’ils sont tous corrompus ?" Un message bien pratique pour le Kremlin.

2. Le roman source : un Grand prix de l’Académie française… et un cadeau à Poutine ?

Le livre de Giuliano da Empoli, salué par la critique, a été encensé pour son style et son ambition. Mais son contenu pose question :

Un récit qui flatte l’intelligence du système : le roman (et le film) présentent le Kremlin comme une machine ultra-sophistiquée, où chaque mensonge est un chef-d’œuvre. Une vision qui arrange bien Poutine, toujours prompt à se vanter de sa "stratégie géniale". L’absence de victimes : les opposants, les journalistes assassinés, les Ukrainiens… sont des figurants dans ce grand théâtre. Le vrai drame, c’est la solitude du "mage", pas celle de ses victimes. Un succès en Russie : le roman a été traduit et salué par les médias pro-Kremlin. Preuve que, parfois, la meilleure propagande vient de l’étranger.

3. Assayas, complice malgré lui ?

Olivier Assayas n’est pas un naïf. Pourtant, son film tombe dans le piège qu’il prétend dénoncer :

Une esthétique qui fascine : les plans somptueux, la bande-son envoûtante, tout concourt à rendre le pouvoir russe… séduisant. Comme si le mal, bien emballé, devenait moins répugnant. Un manque de contexte : le film ne montre presque jamais les conséquences réelles de la propagande – les guerres, les prisons, les exilés. On reste dans l’abstraction, comme si Poutine n’était qu’un personnage de roman. Le risque de la récupération : à Venise, le film a déjà été salué par des médias russes comme une "reconnaissance occidentale de la grandeur de la Russie". Ironie du sort, ou preuve que le cinéma français peut, lui aussi, servir la propagande ?

4. Pourquoi ce film dérange (et pas seulement en Russie)

En France : certains y voient une œuvre "courageuse" sur les mécanismes du pouvoir. D’autres, une apologie déguisée de l’autoritarisme. En Russie : le film sera probablement censuré… mais pas pour les raisons qu’on croit. Pas parce qu’il critique Poutine, mais parce qu’il révèle trop clairement les ficelles du régime – et que, au Kremlin, on préfère garder ses secrets. En Ukraine : le film est déjà perçu comme une insulte. Montrer la "génie" des propagandistes russes alors que des villes ukrainiennes sont réduites en cendres ? Le timing est, disons, mal choisi.

Conclusion : un film à voir, mais avec un regard critique (et un peu de dégoût) "Le Mage du Kremlin" est un film magnifiquement réalisé, porté par des acteurs brillants. Dommage qu’il se contente de danser avec le diable sans jamais le nommer. Entre fascination et complaisance, Assayas signe une œuvre qui, malgré elle, participe à la légende noire (et dorée) de Poutine.

Et vous, chers lecteurs, vous laisseriez-vous charmer par ce "mage" du cinéma français ? Ou préférez-vous vos dictateurs en version documentaire, sans fard ni glamour ? Dites-le nous en commentaires !

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